La prise en charge du trouble du spectre de l’autisme

Le trouble du spectre autistique (TSA) est une déficience neuro-développementale, dont les causes sont encore difficiles à comprendre et sujettes à de nombreuses controverses.

Cependant, les critères diagnostiques témoignent des symptômes contenus dans des troubles psychiques et corporels. Parmi eux, on observe une motricité rigide et stéréotypée, des difficultés au niveau de la communication verbale et non-verbale, également dans les interactions sociales. Des troubles du sommeil et des altérations des fonctions sensorielles peuvent être visibles. Ces caractéristiques sont souvent accompagnées de troubles du comportement.

Notons aussi que les symptômes s’expriment dès la petite enfance. Ils sont surtout pris en considération lorsque les exigences sociales doivent se manifester.

Les bienfaits thérapeutiques de la musicothérapie?

Plusieurs études et pratiques démontrent le mieux-être engagé. Il est important d’en faire la synthèse pour mieux les mettre en valeur:

  • La mise en place de séances ritualisées permettrait de réduire considérablement l’anxiété et amènerait des repères au patient. De plus, ce qui est proposé en séance accentuerait ce qu’il se passe « à l’intérieur » de la personne… où leurs émotions, leurs sensations, sont jouées à travers les éléments sonores. Ainsi, il est possible que les angoisses enfouies soient exprimées et réinterprétées dans l’échange musical.
  • Se reconnaître soi-même et reconnaître l’autre est essentiel pour le travail sur les difficultés sociales. On le constate notamment grâce au chant, où le sujet va intégrer les différences entre les voix et faire la distinction entre celles qui lui appartiennent et celles des autres. Ce processus mettrait en place un solide support identitaire, facilitant le rapport aux autres et l’ouverture au monde extérieur. De ce fait, on peut penser que les barrières s’abaissent et que la personnalité s’exprime.

On peut dès lors supposer que la communication verbale et non-verbale  deviendra meilleure.

J’ai moi-même pu observer ce fait en séance, dans l’observation d’un suivi d’une adolescente atteinte de TSA. En effet, lorsque celle-ci fut prise en charge il y a quelques années, elle ne parlait quasiment pas. Après de nombreuses séances de musicothérapie, celle-ci s’est mise à parler, en chuchotant, ce qui est actuellement toujours le cas. Cependant, lorsqu’elle se met à chanter, elle pousse sa voix à une hauteur assez conséquente et le timbre se modifie. Je vous laisse imaginer le fossé qui sépare la voix chuchotée et l’attitude inhibée, à celle d’une voix dont l’ambitus (tessiture de voix) pallie rapidement les octaves et ce, grâce au médium du chant. C’est aussi surprenant que fascinant.

  • Le plaisir serait engagé. On peut l’observer par exemple à travers le jeu musical, où les enfants s’amusent souvent grâce aux paramètres sonores (intensité, timbre, hauteur…). Plusieurs travaux s’accordent à affirmer que les hormones du plaisir et du bonheur (la dopamine et la sérotonine) seraient déclenchées grâce à la musique.  Aussi, le rythme créé lors du jeu musical sert de béquille aux mouvements corporels non contrôlés, en permettant au sujet de se canaliser, tout en se divertissant.
  •  Le médium sonore permet également d’activer plusieurs zones du cerveau, amenant ainsi à solliciter la plasticité cérébrale et les connexions neuronales.

Sources:

Carasco, E. (2017). « Musicautism », une étude clinique sur l’autisme et la musicothérapie. La revue française de musicothérapie, volume XXXVI(02).

O’Grady, K. (2018). Le pouvoir de la musique. La Press+. Repéré à http://plus.lapresse.ca

Une petite vidéo qui résume bien le travail en musicothérapie… Bon visionnage.